J'ai commencé sans savoir que 2046 était en quelques sortes une suite d'In the mood for love. Wong Kar-Wai a ce don pour filmer les femmes avec une beautée irréelle, à ralentir leurs mouvement, à y superposer des morceaux magnifiques. Les couleurs, l'univers étrange, l'histoire de cet homme qui passe sa vie à désirer les femmes qu'il n'a aucun espoir de conquérir un jour et à repousser celles qui s'offrent à lui. Comme si, peut-être, les amours réalisables n'étaient pas assez pour lui. Comme si ce qu'il cherchait dans l'amour était justement cette impossibilité qui lui ouvre la porte des mots, des fantasmes, des rêves. Toute ces femmes sont belles, égarées, tristes et brisées sous leur visage de porcelaine. Ces femmes sont belles telles qu'elles sont filmées. Et je remarque que Wong Kar-Wai aime ses scènes au temps suspendu où ses personnages fument les yeux dans le vide. Cet homme semble voir dans cette fumée qui s'étire et disparait ce que j'y vois aussi. Une beauté et une poésie bien souvent ignorée.
Ce film est beau, poètique et étrange. C'est ça.
Mais j'ai regretté de ne pas voir plus Maggie Cheung, tellement magnifique dans In the mood for love.