. L'indifférence était un état qui l'avait longtemps consternée parce qu'elle en était incapable, étant ce vide qui la laissait seule, ce vertige pour elle qui le voyait de l'exterieur, ce ni chaud ni froid du sentiment qui était son envers, le degré...
Des salles silencieuses où les pas de celui qui s'avance sont absorbés par les tapis si lourds, si épais, qu'aucun bruit de pas ne parvient à sa propre oreille, comme si l'oreille elle-même était très loin, très loin de celui qui s'avance une fois de...
Il n'y a rien des angoisses, des gorges qui se serrent et des coeurs qui s'emballent qui ne subsiste à l'ivresse mystérieuse de l'aube après une nuit sans dormir. Je marche dans la ville qui se réveille, épuisée et heureuse. Epuisée et heureuse. "T'aime...
Tu ne crois pas que je comprends ? Rêver vainement d'exister. Ne pas avoir l'air, être réellement. A chaque instant, consciente, vigilante. Mais un abîme sépare ce qu'on est pour les autres et pour soi-même. Sensation de vertige et désir constant d'être...
Une atmosphère sur le fil du rasoir, qui installe dés le début une sorte d'angoisse sourde dans un monde qui semble calme. Du gore présent mais avec un usage modéré en définitive. Moi qui suit plus que sensible à ce genre de choses, je n'ai détourné les...
C'est à ce seul moment que mes yeux ne mentent pas. A ce seul moment que dans le miroir et seule, apparaît une image plus nette de qui je suis. Moque toi, moque toi bien ma belle et vois si ça m'importe. Je sais qu'il y a dans ces yeux-là, et pendant...
L'homme, seul. Poseur. Ce que je recouvre est un néant vivant Ca m'échappe... Je suis tout un manque... Je suis un manque vivant... o0o L'homme_ J'ai un peu moins de plaisir que d'habitude... Ca baisse, graduellement... Un peu, à tous les niveaux... J'aime...
. "J'ai toujours su qu'Wendy, c'était comme une sorte de soeur, comme un miroir de moi. Là, j'découvrais que j'étais pas l'seul à pas y'arriver. Wendy, c'est une fille bien. Elle avait du être super amoureuse de c'mec là pour se r'trouver dans c't'état...
Je suis fatiguée de l'amour des gens. Et pourtant mes pas m'enmènent toujours sur les mêmes chemins, à la recherche d'une certaine reconnaissance pour le soin que je met à applanir leurs surçauts et leurs soucis. Je suis fatiguée de cette éloge permanente...
La féminité à notre époque a ce quelque chose de laborieux qui m'a toujours ennuyé. La féminité est quelque chose de sophistiqué et de construit qui tient dans tout un tas d'artifices censés imiter le naturel. Des contraintes. Et des heures à détailler...
C'est ce qu'on se disait hier soir, ou très tôt ce matin, que c'était la periode. Ce genre de lois des séries étrange et d'évènements qui se bousculent on ne sait pas bien pourquoi. Le printemps qui agite tout un tas de pulsions qu'il faudrait enfouir,...
. Comme souvent lorsque je me couche à des heures improbables, je me suis souvenue de mon rêve. Pas dans l'intégralité, evidemment, juste quelques images arrachées à un tissu flou mais surtout ... Surtout les émotions que je pouvais ressentir. Il se dégageait...
. . C'est ce que j'ai toujours voulu faire : écrire. C'est ce que je déclarais, insolente et ambitieuse, quand j'avais dans les treize ans. Je sentais depuis petite pour une raison confuse que c'était ça le plus important. Je sentais que c'était le truc...
Heure d'affluence au pavillon des pensées. Silence sur la page. Que crois-tu qu'on puisse écrire quand on est vide ? Tellement vide quon se sent engourdi par le vent, retourné comme une poche à l'envers de laquelle on chasse quelques miettes de tabac,...
"Ferme ta gueule, pétasse !" Sa propre voix qui explosait la gifla de plein fouet, lui laissant dans les yeux une terreur sourde et un sentiment encore jamais éprouvé, une puissance, un plaisir qu'elle aurait cru impossible. Le silence s'abattit, pour...
On lui demandait des mots, lui qui en avait toujours eu, qui n'avait d'ailleurs jamais eu que ça : des mots à substituer à la sensation lacunaire qu'il avait des choses et des êtres. Des mots qui devaient donner la vie, peupler la chambre vide et lever...
Le bruit et l'odeur de la nuit. Contemplation sans pensées. Musique du noir. A la fenêtre tout se tait, les feuilles se balancent mollement sous un vent qu'on ne sent pas. Mélancolie et beauté inextricables. Lune dorée pour mon ivresse. Je tremble de...
Encore des nuits. Encore de l'ivresse. J'en veux plus. Je ne sais plus vivre le jour, j'ai perdu le goût de tout ce qui n'est pas cette pièce suspendue dans le temps, cette pièce où rien ne compte plus. Ni la vie du dehors pour laquelle il faut se battre...
Je rentrai, traversant la ville noire, gigantesque scène vidée de ses âmes, où s'entassent en grappe carcasses et miettes de leur existence. Le monde entier retranché derrières les fenêtres des façades jaunâtres. Nuit emplifiée de signes quotidiens, d'entremèlement...
I am a sinking ship Le lugubre a fondu sur moi, animal à demi mort dans le désert urbain _ car la ville peut être un désert _ en proie à des charognards dont la forme demeurait toujours indistincte et changeante, je me suis retranchée, je suis devenue...
Il me fait de ces yeux. Un pétillement qui pourrait ne rien valoir de plus mais qui me dit de le suivre en haut. Il dit "Viens fumer" et je dis oui, je promet que la nuit ne s'arrête pas là et aux autres, que je vais redescendre. Je monte en me disant,...
La silhouette des arbres s'arrachait difficilement du ciel noir. De derrière quelques feuilles recroquevillées et à intervalles irréguliers filtrait la lumière fantomatique d'un morceau de Lune, à peine découvert que déjà un amas de nuages sans couleurs...
J'ai décidé de faire une pause. Une pause du monde. Depuis quelques jours ou quelques semaines je patauge dans ma tristesse non sans une certaine touche de pathétique. Je crois qu'il faut arréter de bouger. Se recroqueviller. Mourir un peu, pour la millième...
Anne pensait : " Je ne veux plus aimer ". Elle parlait tout haut dans la chambre vide : " Ca n'est pas le plaidoyer de ceux qui ont vécu et se sont éteints dans un dernier rougeoiment, ça n'est pas le plaidoyer de ceux qui croient avoir tout souffert,...
Autour de la table, la lumière décroit. Assis tous autour de moi, j'observe leurs yeux, leurs postures et leurs gestes. Tout est signe, tout est indice. Je sais, je vois. Je les vois. Des lignes et des lignes s'écrivent derrière mes yeux. J'ajoute chaque...