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Le but n'est pas de raconter ma vie. Juste de transformer les heures qui passent, de faire du vide quelquechose en plus. Une matière.

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Dans la torpeur du demi sommeil, ses mains

 

.Je m'étais sortie du sommeil vers 15h. Un coup de téléphone, la musique allumée et c'est devant la fenêtre ouverte que je m'étais arrétée, revoyant soudain les images décousues d'un rêve que j'avais du faire dans la matinée.

Un train arrété, de la neige et des arbres des deux côtés de la voie, un immeuble crade aux allures de squatt', une mèche blonde dépassant d'une couverture.

.

"Tu dors ?"

"Oui"

.

Un baiser déposé sur une joue.

C'est devant la fenêtre que je m'étais arrétée, des larmes soudaines au bord des yeux. Il était là cette nuit, revenu d'entre les souvenirs. Je l'avais retrouvé. Et il dormait, paisible, alors que ma main passait sur sa joue brûlante.

..


.

Si je ne me souviens pas exactement de la chronologie, je crois pouvoir dire qu'au début, il y a des images de train. Des images de gens qui attendent, debouts ou assis, sérrés et silencieux. Des images de gens qui vont quelque part et moi avec. Tous vers le même but. Un truc genre voyage organisé, vers une grande ville, vers un autre pays même, qui sait ... Il y a aussi cet homme qui me regarde, les yeux noirs et la peau brune. Il me regarde mais je sais que quelque part près de moi il y a cet autre, amour perdu et retrouvé ici, dans des circonstances qui me restent inconnues.

Il y a ce bonheur étouffant qui émane toujours des grandes surprises. Il est là. Il est là et il ne disparaitra pas, son image reste collée à la rétine et la pensée s'attarde sur lui. Sur sa blondeur, sur ses gestes maladroits et patauds, sur les boucles qui tombent sur ses yeux. Bleus autant que ceux de cet homme qui me regarde sont noirs. Comme deux beautés l'une contre l'autre. La première sauvage et sombre, la deuxième innocente et angélique.

Il y a ce sentiment confus que nous finissons tous, dans ce train sans destination claire, par être comme des criminels arrétés. Un danger flou qui plane, un univers qui se déssine en forme de prison invisible. On a du faire quelque chose, ça a du déraper quelque part, avant, dans nos vies anonymes. On nous enmène quelque part où les portes sont fermées à clef.

Cet homme inventé dont je ne connais pas le nom est face à moi, il me dit qu'il m'aime avec une force que je n'imagine pas. Il me dit ça, je le regarde et j'hésite. Ma main se plante sur son torse, j'aquiesce, je crois. Je dis oui, je dis moi aussi. Je dis ça sans que me quitte le vertige provoqué par les retrouvailles de cet autre amour, cet amour d'avant. Je dis ça en me souciant à peine d'appartenir à deux amours à la fois.

Les choses se brouillent et de déssinent à nouveau dans un tout autre décor. C'est la nuit et il n'y a plus de train. Plus de passagers sages qui attendent l'arrivée. Ceux qui m'entourent son sales, abandonnés, fous, assassins. L'immeuble sinistre qui semble être un campement de fortune, où l'on circule librement sans pouvoir en sortir. Prisonniers d'un crime dont je ne connais pas la nature.

Nouveau changement de décor. Je suis chez moi, mon amour retrouvé avec moi. Je m'étonne de ce bonheur innattendu. Il est beau, il est tout ce que je pouvais esperer avoir. Une image d'épinal. Il dort recroquevillé sous des couvertures, abandonné, j'embrasse sa joue et y passe ma main. Et le monde entier ne tient plus que dans ce geste. Tout est là. Tout est calme.

C'est ensuite que les choses se brisent. Je l'ai perdu à nouveau, il existe et vit quelque part sans que je puisse rien en savoir. Il est loin à nouveau. Je le cherche, j'appelle des numéros. Je ne le trouve pas. Je casse tout autour de moi, de rage. Je pleure.

Et puis je me réveille.

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B
A l'habitude, je me fais le plaisir d'?dier les r?s, mais la... C'est un gros four-tout de d?rs, de peur et d'autres sentiments refoul?.. A vrai dire, ?a le m?te de me donner a r??ir, mais je ne connais pas assez la personne (toi) pour me faire une quelconque hypoth?... j'esp? du moins, que toi, tu as trouv?a r?nse.En tout cas, le texte est tr?bien tourn?
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