C'était à ce moment où la conscience revient, doucement. D'abord les sons, lointains. Des corps qui bougent, des machines, des voix dans la pièce. J'imagine que j'ai du ouvrir les yeux et que le monde s'est reconstruit autour de moi comme un puzzle, mon corps avec. Et cette douleur qui rappelait à moi la réalité des choses. Un caillou dans mon rein, c'est ça, un caillou minuscule qui me plie en deux. Une salle de réveil, des lits alignés où reviennent à eux des corps sous anesthésie. Des infirmières qui papillonent, parlent fort, vont d'un lit à l'autre.
Je ne sais plus bien comment, je me suis retrouvée assise sur le lit. A coté de moi une infirmière. Elle m'a fait parler. Il y avait quelque chose de triste et de fatigué dans ses yeux qui souriaient quand même. Une douceur. Une chaleur qui me posait face à elle en égale. En être humain.
" C'est bien de voir quelqu'un qui peut sourire dans ces moments-là. "
Oui, je souriais, deja consciente de cette chose qu'elle me donnait, peut-être sans bien s'en rendre compte. Ces yeux qu'elle posait sur moi et qui m'enveloppaient d'une bienveillance calme. Comme si elle me reconaissait, comme si il y avait entre nous quelque chose de silencieux et que nous comprenions. Seules dans la confidence. Quelque chose qui faisait que j'étais moins nue, moins seule. Et je l'aimais pour ce cadeau.
Elle avait l'air si triste, ma petite infirmière de salle de réveil. Et je crois bien qu'il me restera toujours son regard, cette bonté dans ses gestes. Cette douceur. Et j'aurais tellement voulu la remercier.