Je n'avouais rien de mon vice et m'asseyais tout près, avec l'indifférence feinte de l'habitude. Et pour tatouer sur ce moment, sur ma pensée, cette banalité qui les caractérisent tristement, j'imaginais le temps suspendu, le temps sans épaisseur. Je me perdais doucement dans l'image aux couleurs familières. La salle, les autres autour, les petits carrés grisatres des fenêtres du batiment d'en face. Je gardais mes yeux sur la table. Mon visage est une page vierge, sur laquelle s'imprime la moindre lueur captée dans un regard. Et si j'avais levé les yeux à ce moment, sur lui, je crois que je me serai trahie.
Douceur, intense sur moi et tout autour. Vertige. Serait-ce possible ?
(...)
C'est chaque fois lorsque je suis prête à croire mon propre mensonge que le tableau se casse la figure. Mais tout de même, je ne peux chasser de moi cette peau qui m'est dissimulée... Les heures se trainent.