Cette odeur sur mes mains, sur mes vêtements, sur chaque chose qui m'a accompagné ces derniers ces derniers jours. Qui s'immisce partout. Cette putain d'odeur nauséabonde qui recouvrait même la bouffe, tous les jours, que ce soit du riz ou des petits pois.
Une odeur indescriptible. Pas une odeur de médicament comme on pourrait le croire, ou de desinfectant, ou de produit d'entretient. Je ne saurai même pas dire ce qu'était réellement cette odeur et d'où elle pouvait bien venir. Elle me filait la nausée, tatouée de cette façon sur chaque objet animé ou inanimé, sur l'air qu'on respire, et même certains soirs, sur la fumée de la cigarette que je me grillais, courbée dans la nuit derrière les urgences.
Elle est encore sur ma chair, je la sens, je la devine. Une odeur de chair morte. Même mon sang pue. C'est à vomir, il faut vite se remplir de choses vivantes, d'air froid, de choses qui ne viennent pas de là-bas, que mon corps élimine, se débarrasse, recommence à vivre.