T'es beau. Ses yeux ont une telle expression quand elle te regarde, quand elle fait semblant de se moquer de toi. Elle semble douce et remplie d'un calme feux qu'elle met entre tes mains. Garde-la, je crois qu'elle t'aime. C'est sur qu'elle t'aime.
(...)
Depuis tout à l'heure, je ne peux écouter que les quelques chansons que tu m'as amené. Et tes mots, ta voix qui se brise, le son familier des accords que déjà tu m'avais joué, celui des perles de bois de ton bracelet que tu fais claquer contre ta guitare, tout ça fait se soulever mon coeur et l'entrainne dans une danse étrange où des larmes glissent sans bruit sur mes joues. Je ne peux bouger, clouée au canapé par la beauté fauve des mots que tu poses sur tes morceaux.
Pourquoi est-ce que cet amour que je te porte doit-il être si douloureux, écorchure vive sous la peau, sous les os. Je voudrais effacer d'un revers de manche tout ce qui nous rend malheureux, et incapables de vivre comme ces gens au dehors qui ne connaitront jamais la véritable signification de la douleur. Si seulement je pouvais. Et tu serais heureux, tous ces mots graves ne franchiraient jamais plus la barrière de ta bouche.
Cette voix.
Et si toi aussi tu disparaissais je crois qu'il faudrait me tuer aussi. Oui, je crois qu'il faudrait me tuer aussi. Mon frère, mon sang.