Louis avait quinze ans. Moi treize. Après ces vacances j'ai passé des semaines à écrire de sombres mots d'amour, où je m'exaltais avec une grande solennité de la froideur brune de son visage qui éclatait parfois sous l'éclair noir de ces yeux, lorsqu'il...
La première fois que c'est arrivé, j'ai d'abord beaucoup pleuré, assise sur mon lit, étourdie par le son saturé des guitares qui jouaient tout contre mon oreille. J'ai pleuré assaillie de ce manque sur lequel je n'étais même pas capable de poser de mots....
Je sentais impuissante se propager en moi un manque presque épidermique. En tournant au coin de la rue, mon point s'était serré autour du petit briquet de plastique blanc, mon bras s'était levé presque malgré moi, je lançais l'objet de toute mes forces,...
Rien ne reste des heures qui défilent et pourtant le sentiment demeure. Biensûr ma gorge se serre de temps à autres, biensûr je me couche trop tard, biensûr je m'inquiète et m'agite encore et encore pour recueillir la preuve fragile de l'amour qu'on me...
Aux periodes d'insouciance succèdent souvent une certaine prise de conscience. Cette insouciance n'étant peut-être qu'une sorte de fuite, je crois qu'elle m'a néanmoins permis d'être heureuse, pour un temps. Au moins ai-je la certitude maintenant que...
Je désire. Je ne fais que ça. Je ne suis rien d'autre que désir, qu'espoir, terreur, attente. Je traîne ma peau inutile au dehors où les gens vivent, mon coeur se serre lorsque leurs yeux sont flous, lorsques leur mains s'emmèlent, lorsques leur bouches...
Teach me, MommyHow to growHow to catch someone's fancyUnderneath the twisted oak grove (Grow grow grow - PJ Harvey) (...) Où trouver la beauté sinon dans le malheur ? Où trouver cette flamme qui transperce le ventre où un millier d'échos s'étouffent chaque...
J'ai repassé la robe de Princesse. Elle pend là, vestige du temps perdu, extirpée aux souvenirs vagues. Sa beauté fannée fait glisser les yeux vers la douceur d'un autre temps que l'on a oublié. Ses volutes bleues m'obsèdent. Je me déplace dans la mélancolie...
T'es beau. Ses yeux ont une telle expression quand elle te regarde, quand elle fait semblant de se moquer de toi. Elle semble douce et remplie d'un calme feux qu'elle met entre tes mains. Garde-la, je crois qu'elle t'aime. C'est sur qu'elle t'aime. (...)...
Les vampires sortent de leur tombe. Après True Blood et sa blonde héroïne télépathe, voici Twilight, sorti tout droit du livre d'un sombre inconnu qu'on annonce parait-il comme le nouveau J.K Rowling. Et que voila à sa suite le bagage indispensable à...
Je n'suis plus celle qui s'accrochait à vos lèvres Je n'suis plus l'élève la plus impopulaire Je n'suis plus celle qui vous fuyait du regard Je n'fais plus vraiment le même genre de cauchemar C'est plus pareil De quelle manière Je crève de n'pas savoir...
C'était tout juste après la guerre, Dans un p'tit bal qu'avait souffert. Sur une piste de misère, Y'en avait deux, à découvert. Parmi les gravats ils dansaient Dans ce p'tit bal qui s'appelait... Qui s'appelait... qui s'appelait... qui s'appelait... Non...
Je ne sais jamais vraiment trop comment parler de cette série. Ce qui est sur, c'est que Six feet under est la meilleure série que j'ai jamais vu, incontestablement. La série qui rend accro, la série que je peux commencer à 22h et finir à 7h du matin...
" You know what ? Things are good. Most people get all angry about going to work. (?) Not me. Nop. I enjoy what I do. Yeah. Contribuiting the only way I know how. There's no place I'd rather be, nothing else I'd like to be doing. Yes. It's what life's...
Parce que parfois c'est agréable, de se dire qu'il éxiste des gens là-dehors qui sont capables d'êtres aussi ridicules que vous dans certaines situations, même avec les meilleures intentions du monde. Des anecdotes, parfois avec légereté, d'autres fois...
J'ai convoqué l'arme ultime, j'ai appelé le secour de cette seule chose qui peut faire taire d'un seul coup le bruit du monde, la vie au dehors, l'appitoiement silencieux sur les tracas secondaires. Une fille se noie derrière l'écran lisse de la télévision....
Je voletais dans les ténèbresA l'allure d'un convoi funèbre,Je goûtais l'air de la nuit,Je ramais sans faire de bruitDans l'épaisseur du silence,Lorsque je fus éblouiPar une chaude incandesenceQui émanait d'un beau fruit. Ma mère m'avait prévenu :"Méfie-toi...
Je n'avouais rien de mon vice et m'asseyais tout près, avec l'indifférence feinte de l'habitude. Et pour tatouer sur ce moment, sur ma pensée, cette banalité qui les caractérisent tristement, j'imaginais le temps suspendu, le temps sans épaisseur. Je...
Je veux saisir. Capturer. Arréter l'écoulement régulier des secondes et des minutes. Juste là où j'en ai besoin. Que chaque chose soit pour le reste de la nuit exactement là où elle doit être. Que toutes les préoccupations de la journée se taisent et...
Je pense à toi qui n'éxistes plus. Comme il serait plaisant d'imaginer qu'une partie de toi se loge encore quelque part, dans un endroit dont nous, ceux qui vivent, ne pouvons qu'imaginer l'éxistence. Pourtant j'ai la certitude qu'aucune fumée blanche...
Tout ici n'est qu'étalage sans valeur ni utilité pour quelqu'un d'autre que moi. Tout ici n'est que l'image pathétique de cette vie de rat que je mène. Et de l'appitoiement, de l'impuissance, du plaisir coupable de se complaire et d'être victime. Tout...
C'était à ce moment où la conscience revient, doucement. D'abord les sons, lointains. Des corps qui bougent, des machines, des voix dans la pièce. J'imagine que j'ai du ouvrir les yeux et que le monde s'est reconstruit autour de moi comme un puzzle, mon...
L'intense autour de moi. L'intense sur mes yeux et au bout de mes doigts. Et l'apétit de vivre encore un peu plus chaque seconde. Le nécessaire et l'essentiel. Connaître un peu plus chaque seconde, s'imprimer l'envers des paupières de l'indicible qui...
La ville est grise, les nuages se pressent, semble-t-il, contre une voute de verre qui menace de céder. La ville est trempée d'une pluie mince qu'on ne voit pas. Ils arrivent tous les deux sur la petite place, se rangent sous l'abribus, au ras des voitures....
Il y a cette terreur sourde des choses du corps qu'on ne comprends ni n'entrevoit, un corps que l'on délègue à ceux qui savent, que l'on confie en aveugle aux mains d'étrangers en blouses blanches qui ont la charge de le réparer. Le chirurgien, ce sale...